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mercredi 6 février 2013

J'ai piscine (pffff)

Le sport fait l'objet de mon plus profond mépris. Rien que l'idée de transpirer en dehors d'un ébat sexuel me semble vulgaire. 

Et ces tenues ridicules qui sont de rigueur pour la pratique sportive, avec leurs couleurs improbables, ne font rien pour améliorer l'aversion que je lui porte. J'ai essayé la course à pied pour accompagner une copine, mais ma solidarité a trouvé ses limites lors de cette expérience. Disons que j'ai fini par m'asseoir sur un banc au bout de dix minutes pour allumer une clope. Ce n'est pas une question d'incapacité physique, mais mentale: je ne parviens pas à saisir l'intérêt de s'infliger cela. 

Sortir son vélo pour aller quelque part, pourquoi pas. Mais courir un dimanche matin en hiver et en jogging fuscia, en plus pour aller NULLE PART, quand même. 

Bon, il est vrai que toutes ces considérations ont été remises en question aujourd'hui quand, en allant à la banque, qui se trouve à dix minutes de chez moi, j'ai eu un violent point de côté. 

Mais je me suis vite rétablie devant un verre de Kir. 

C'était l'ordonnance du jour de Germaine Cancan. 

samedi 15 décembre 2012

Le devoir de procrastination

(article écrit à la demande de Rose H)

Germaine Cancan revient donc pour vous instruire des choses importantes de la vie. 

Les trois piliers de la vie à la Cancan pourraient se décliner de la façon suivante: s'accepter éhontément (Germaine ne se défile point et daigne montrer l'exemple), pratiquer l'art de l'esquive et peaufiner celui de la procrastination. Nous cacannerons aujourd'hui sur le dernier sujet, la procrastination. J'entends s'élever dans le fond de la salle une vague de protestations, sous prétexte que Germaine radote, car elle nous parlait de la flemme la semaine dernière pour nous remettre sur le tapis un synonyme. Et c'est là que je dis attention!, jeunes fougueux (d'ailleurs vous, avec le Marcel moulant, vous passerez me voir dans mon bureau après la séance). La flemme est un état d'esprit, un Nirvana qui exige une grande capacité de concentration, difficilement atteignable par les débutants, et qui nécessite un perfectionnement constant pour parvenir à l'état de grâce qui caractérise le Flemmard. La procrastination, en revanche, est un outils parmi d'autres sur le chemin de la Flemme. La procrastination n'exempte pas ses adeptes d'un parasite fort commun dans la société moderne, un parasite qui est à l'origine de la plupart de nos actes et de nos résolutions: la culpabilité. Éliminer le sentiment de culpabilité est le premier pas vers la liberté (notez dans vos cahiers). 

Voici la question que tout le monde se pose à présent: comment éliminer ce parasite du bonheur qu'est la culpabilité?


La réponse de Germaine: pratiquer, pratiquer, pratiquer. L'exercice pratique est le seul remède. Chaque fois que cette saloperie vous pincera la conscience, répétez donc ce mantra: "Pourquoi faire aujourd'hui ce que je peux remettre à demain?" Les tâches que l'on remet à plus tard sont les plus désagréables, vous forcer à les réaliser apaisera votre conscience à court terme, mais: 


- une autre tâche viendra s'ajouter impérativement à votre vie quotidienne.
- vous retomberez dans le même processus interminable de culpabilité.
- une météorite s'écrasant sur la Terre / un AVC / une épine de poisson coincée dans l’œsophage / l'Apocalypse (rayez la mention inutile en fonction de vos préférences en matière de décès) peut rappliquer à tout moment et celle-ci aura été la dernière chose que vous eussiez faite de votre vie minable.

Amis malotrus: si vous tenez à vous insérer dans les rouages infernaux de la société moderne, ne procrastinez point en amateur, vous le faites bien évidemment à moitié et ceci donne une très mauvaise image des  personnes décentes, les Flemmards, qui tiennent à mener une vie respectable et languide.

Honnêtes gentes qui, vous, êtes résolues à atteindre l'extase de la Flemme, Lessing s'adresse à vous: "Paressons en toutes choses, hormis en aimant et en buvant, hormis en paressant". 

C'était la dissertation du jour de Germaine Cancan



dimanche 9 décembre 2012

Éloge de la flemme

Il faut bien se rendre à l'évidence: je suis résolument flemmarde. Mais attention, uniquement pour des tâches urgentes et indispensables à réaliser. En revanche, les choses les plus inutiles vont captiver toute mon attention. Je pousse la fainéantise au point d'en faire un art à part entière. Je suis capable de laisser couler un an avant de résilier une assurance, et de passer deux heures à regarder des vidéos de bébés hérissons sur Ton tube avec une tranquillité d'esprit surprenante. 

Je peux aussi ne rien faire. Et ce pendant des heures, hein. Même pas en méditant sur le sens profond de la vie ou de la french manucure, non, rien, zéro. Le néant. Il  semblerait que mon mécanisme de culpabilité soit, en plus, atrophié. Aux yeux des zélés de la productivité, des esclaves modernes motivés et dynamiques, je dois être un monstre.

J'aimerais bien approfondir la question, lancer un appel ("Flemmards de tous les pays, unissons-nous", ou un slogan dans le genre), mener une révolution par l'inaction. Mais on vient de m'envoyer une vidéo de chatons qui jouent avec une chaussette.

C'était le vice caché du jour de Germaine Cancan.